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Cirque de Combe-Laval

Une brèche dans le rempart du Vercors

Cirque de Combe Laval

En raison de son grand intérêt paysager, Combe Laval est protégée en tant que site classé au titre des articles L341 et suivants du code de l'environnement (décret du 28 janvier 1991).

Le site classé est situé sur les communes de Bouvante, St Jean en Royans et Saint Laurent en Royans, dans le département de la Drôme. Il couvre une superficie de 962 hectares environ.

Ce n'est pas sans raison qu'on a souvent comparé le Vercors à un vaisseau de pierre ou à une citadelle. Séparé des régions périphériques par des falaises vertigineuses, le massif ne communique avec l'extérieur que par quelques échancrures. Dans le Royans, Combe Laval est l'une de ces brèches spectaculaires, cirque grandiose s'enfonçant de plus de quatre kilomètres dans le bastion du Vercors. Bordé par des à-pic d'une centaine de mètres de hauteur, ce n'est pourtant pas une porte facile pour atteindre le plateau. C'est une route presque aérienne que les hommes ont dû accrocher en plein rocher au XIXe siècle. Avec celles des Petits goulets et Grands Goulets, des gorges de la Bourne ou du Nan, elle est l'un de ces spectaculaires accès qui mènent au cœur de la forteresse.

Les chemins visibles et secrets de l'eau

Une entaille titanesque dans la bordure du Vercors : telle est la vision qu'on  a de Combe Laval, quand on l'appréhende dans son ensemble depuis le col de la Machine, ou depuis le belvédère de la route. Sa formation résulte du travail de sape des cours d'eau qui se sont attaqués aux plissements des terrains secondaires constituant la région.

La Bourne a d'abord creusé une cluse profonde qui a transformé le fond d'un pli (« synclinal ») en une vallée suspendue qui deviendra la forêt de Lente. Le Cholet ensuite a entaillé le plancher de ce val perché. Il a traversé des couches dures, très épaisses à cet endroit : ce sont les escarpements de rochers de Laval, de Serre Châtelard ou des rochers des Fècles. Puis il a érodé des terrains plus tendres qui servent de soubassement aux-pics : quelques millions d'années d'action pour qu'une petite rivière entame les roches sur quatre kilomètre de profondeur et sept cent mètres d'épaisseur.

Mais là ne s'arrêtent pas les surprises du Cholet ; son cheminement n'est pas simple. Le cours d'eau qui jaillit au fond de la combe est en effet une résurgence. Sur le plateau, son histoire commence à Font d'Urle. Là les eaux se perdent immédiatement dans les multiples fissures des lapiaz. Elles réapparaissent une première fois : c'est la résurgence du Brudour. L'eau folâtre en forêt quelque kilomètres et disparaît une nouvelle fois... pour revenir à l'air libre au fond  de Combe Laval. Le Cholet commence  sa carrière, qu'il termine sans autre fantaisie en se jetant dans la Lyonne.

Une route de funambules

Route suspendue

Au XIXe siècle, la gestion des forêts de Lente apparaît comme une priorité économique. Mais l'évacuation du bois est difficile par le vieux chemin des chartreux, au flanc de la combe. Il faudra cinquante ans pour mener à bien le projet de liaison routière entre Saint Jean et le col de la Machine.

A partir du col de Gaudissart, qui domine de six cents mètres l'entée de la combe, la route est creusée dans le roc. Onze tunnels sont nécessaires pour franchir les grands à-pics qui surplombent Combe Laval.

Tour à tour souterraine et aérienne la route offre de multiples belvédères vertigineux. C'est tout naturellement qu'elle est passée au XXe siècle, du statut de nécessité économique à celui d'attraction touristique.